N'allez pas voir Astérix, je vous le demande.
Ce serait un acte signifiant de protestation contre la société. Si.
Je m'explix (j'ai pas pu résister, commème).

Le troisième film Astérix sort donc aujourd'hui, il me semble.
Depuis combien de temps on nous en rebat les oreilles, sans déconner? Deux, trois mois? Plus?
Et dites-moi, gens, si mon ressenti est inexact, mais la façon dont ce film est présenté est particulièrement honteuse. Il n'est pas présenté comme un bon film, cher lecteur (ce qui serait en outre bien difficile, mais nous y reviendrons), il est présenté comme une super-production au succès commercial assuré.
En d'autres termes, et pour user d'une de ces métaphores culinaires inappropriées dont j'ai le secret, ce film est un peu comme un soufflé (tiens, disons au fromage, c'est bon le fromage) soi-disant impossible à rater. Tout y est. En guise d'ingrédients, une dose presque écoeurante d'acteurs connus (et hop! du munster, du roquefort du vieux-boulogne, du pont-l'évêque, un peu de camembert, du brie, du livarot, de l'époisse et enfin du Caprice des Dieux en la personne d'Alain Delon, bien évidemment), hop hop hop. On place le tout dans un moule en platine serti de diamants, on a les moyens. Pour la cuisson, quelques mois d'assommage médiatique. Tout y est, on prend les gens pour des cons et le soufflé est prometteur (notez donc que dans ma brillante métaphore brillamment filée, l'air qui fait gonfler le soufflé est le nombre d'entrées du film, excusez-moi du peu)(oui, excusez-m'en).

Mais moi, gens, je veux faire exploser le soufflé (ce qui, reconnaissons-le, est un peu un but dans la vie, un combat de chaque jour, une lutte acharnée, juste et méritoire pour offrir à nos enfants qui dansent la tecktonik et écoutent Tokio Hotel un meilleur avenir).
Gens, ce film a été considéré comme un succès avant même de sortir. Ce qui signifie que la capacité de choisir, le libre-arbitre des individus, est considérée comme variable négligeable, noyée dans la masse panurgique qui se presse pour aller dépenser dans une place de ciné hors de prix une part considérable de leur déplorable pouvoir d'achat. La décision de plusieurs millions de personnes d'aller voir un film apparaît comme une évidence découlant tout à fait naturellement du max de flouze et des quelques nazebroques connus qu'on a mis dans le schmilblick. Y'a que moi pour trouver ça choquant?

Alors qu'on me rétorque que c'est un peu le principe des superproductions en général, et on aura bien raison. Mais, avant de conclure justement que la société ça craint, il faut ajouter au dossier d'instruction d'Astérix 3 déjà chargé comme un mulet une circonstance aggravante. C'est qu'en plus il paraît qu'il n'est même pas bon, voyez. Y'a des rognures d'ongles dans la recette et du destop sur le fond du plat. Et le troisième soufflé va tout de même tirer une partie de son succès du souvenir inimitable du précédent, celui dans lequel quelques légumes et herbes bien choisis se mêlaient à la perfection à la douceur onctueuse du fromage (là je confesse, ma métaphore ne veut plus rien dire). Mais on a changé de cuisinier (on est passé de Paul Bocuse à Paris Hilton, pour donner un ordre de grandeur) et de fournisseur (là on est passé du marché de province à Super U, genre), et ça laisse un gout amer dans la bouche ('fin moi j'sais pas vous, mais le destop...).

Alors chers amis, je vous prie, faisons un acte commun de résistance, disons "je ne mange pas de ce soufflé-là" et faisons-le exploser dans une sublime gerbe d'étincelles multicolores.
Wé!
(wé?)

Et sur ce, les Devinette-Pourrie Awards du jour (proposés par Vinzzz) :

Dans quel film porno a tourné le célèbre danseur partenaire de Ginger Rogers?