C'est la nuit. L'atmosphère n'est cependant pas sombre, une multitude de petites lumières de différentes couleurs luisent. Et peut-être des projecteurs.

Je sais très bien où je suis, ce n'est pas parce que j'ai de l'eau jusqu'aux chevilles dans un espace sans horizon que je peux en douter : je suis candidate à la Star Academy, et je suis nominée. Alors je suis sous pression. Et le mec devant moi qui marche lui aussi dans l'eau sombre et peu profonde me jette un peu d'eau par inadvertance, je réagis mal. Et là, j'entends un murmure de désapprobation, le public sans doute, et je réalise que j'ai pas mal de chances d'être virée.

Il y a un miroir devant moi, je m'y regarde. Horreur, face cadavérique et cheveux ébouriffés, comment vous voulez que je chante au prime avec cette tronche? et là je réalise que c'est assez peu gênant en comparaison du fait que je ne sais absolument pas chanter.
Je passe la main dans mes cheveux, essaie de les arranger un peu.
Je finis par ressembler à un mélange foireux de Heidi et de la princesse Leia, mon petit sourire découragé en dit long.

Et là, l'épreuve finale.
Celle qui va décider de mon élimination ou non de la Star Ac (l'enjeu, quoi). A ce moment précis, je ne sais absolument pas ce que je fous là, mais je sais que j'ai bien envie d'y rester (non, pas de mourir, de rester à la Star Ac, voyons). Et pour me détendre, je me dis que je ne suis sûrement pas la plus détestée de tous les candidats ever : y'avait une fille un peu psychopathe au début, je me rappelle plus son nom... enfin que je sache, je ne suis pas trop psychopathe, alors on me déteste moins qu'elle.

L'épreuve finale est bien simple : c'est une course nocturne, il faut ramener son Vélib' en premier à la borne, naturellement. La course effrénée se fait à travers des rues sombres et se termine par un virage en pente descendante. Mes jambes me font mal, je pensais être bien placée, mais j'ai été devancée par la plupart des candidats. En fait de bornes Vélib', elles ressemblent à des bornes de vélo normales avec un petit adaptateur. J'arrive à toute vitesse et me jette sur l'une d'entre elles. Il y a déjà sur la borne un antivol rose. Je suis sur le point de reposer mon Vélib' quand je réalise qu'une autre fille est arrivée eu même moment que moi.

Dans un souci de justice ou d'absurdité onirique, nous préférons la diplomatie à la course de repositionnement de Vélib' et les laissons appuyés contre leurs bornes.
Nous sommes en face d'un petit bazar, étonnamment ouvert en plein milieu de cette nuit... parisienne, apparemment. La jeune femme semble le connaître, y entre et en revient avec quelque chose pour moi.

C'est une plaquette de pilules contraceptives entamée. Mais elle est présentée sous blister, comme les accessoires de flic ou de princesse bon marché qu'on gagne à la sueur de son juvénile front dans les fêtes foraines. Je tente de déchiffrer les explications écrites sur un fond atrocement coloré de rouge, jaune, bleu et noir. Je réalise alors que c'est une plaquette de pilules internationale, qui permet (et à cet instant, cela rappelle quelque chose à mon souvenir d'avatar subconscient) de tester les différentes pilules. Il y a une  signalétique intéressante : le petit (1) en jaune sur rouge signifie qu'on prend les pilules avec 13h d'écart, le petit (2) avec 88h et ainsi de suite (logique, la suite, logique).

Je ne sais pas si elle m'offre autre chose, mais je sais qu'elle finit par me prendre sans ses bras. Je suis dans une position semi-allongée, ses bras forts, très forts et noirs m'entourent, et ça va plutôt bien. J'apprends au passage par une voix anonyme de celles qui crient "ooh les amoureux!" dans les cours de récré que la jeune femme en question est lesbienne.

Nous reprenons la diplomatie, mais par une mauvaise manipulation, je me retrouve à déposer mon Vélib' au mauvais moment, et je suis éliminée.

Moi et la jeune fille marchons le long de ... la Seine je suppose, et je réalise peu à peu que je viens d'être virée de la Starac, et ça ne me fait rien.

Quelques instants plus tard, je me retrouve à essayer fébrilement de passer une de mes photos d'identité sur une borne comme celles du métro (définitivement, mon subconscient est parisien). Chaque passage gratifie ma tentative d'un "biiiiiip" outrageusement accusateur. Finalement, je fuis, mes tentatives d'imposer ma photo à la machine se soldant par l'arrivée des gens de la sécurité.

Il est fort probable que je vienne d'écrire mon article le plus impudique. Mais ne m'y connaissant que très peu en Freud, je n'en ai pas la moindre idée.

Et bientôt, les plus mauvais Devinette-Pourrie Awards du siècle (han le teasing).