28 février 2008
Perpicace tagnette
De mes deux jours et demi à Séville (offerts dans le cadre d'une stratégie de marketing éhontée menée depuis vingt piges par ma banque pour fidéliser à vie 300 jeunes, prometteurs et naïfs clients qui ont réussi le bac comme des malades), je me souviens :
- du stress, avant
"Ouimémoijeconnaispersonnepuisjesaispasmefaired'amisetpersonnenem'aimet'façon"
- de la socialisation progressive et salvatrice
"Et tu fais quoi comme études, sinon?"
"Super intéressant"
"Dis, on se met à côté dans le car?"
- du soleil
"Dis, tu mets un débardeur ou un t-shirt?"
- de l'Alcazar
"Hé putain c'est beau ce truc"
- des arènes
"Vo voyé, quand vo vo trrouvez dévant lé torrro, fazafaze, c'est oun po la daanse de la morrr"
"Le mot "corrrrida", ça vient dé qué quand jé souis dévan lé toro, j'ai envie de corrir"
- des repas grand luxe sa mère
"Euh les couverts, on commence par ceux de l'extérieur, c'est ça?"
"Hum, le verre à vin, c'est lequel des quatre?"
"T'as déjà bouffé de la perdrix, toi?"
- de l'hôtel du palace
"Euh ça fait beaucoup, 600 chambres commème"
"Dis, le lustre de 20 mètres en toile rouge dans l'entrée, c'est censé représenter quoi?"
"T'as piqué des trucs toi?
- Oh pas grand chose, le shampoing, l'eau de toilette, le savon pour les mains, le gel douche, l'éponge de bain, le peigne, le kit de brossage de dents et le kit de rasage, genre"
"Hé, y'a un téléphone dans les toilettes!"
"C'est où la réception?
- Tu suis le couloir pendant 200 mètres, c'est à gauche"
- du mélange des cultures
"Bon, vous avez 20 minutes pour monter en haut du minaret de la cathédrale"
- de la soirée de gala
"Euh du champagne après la sangria, le vin rouge et le vin blanc?"
"Euh soirée disco, en fait, c'était pour "discothèque" quoi"
"Je mets mon châaale au vestiaire, mais va pas y avoir moyen, pour la robe du soir"
- des situations intéressantes quand il y a la queue devant les toilettes des filles
"Euh, qu'est-ce que tu fais là?
- la distinction entre les toilettes des hommes et des femmes est bourgeoise
- pas faux
- puis bon, à part les urinoirs que j'essaie désespérément d'éviter du regard depuis 5 minutes, c'est les mêmes
- mhhh tout à fait
- mais dis... euh non c'est pas classe de parler de ça
- bah vas-y, on est pas à ça près
- euh c'est la vessie masculine ou féminine qui est la plus petite?"
- de cette sublime et déroutante blonde
"On peut pas arrêter de visiter et aller bronzer dans un parc?"
- du Guadalquivir sur lequel on voit des trucs cools
"Désormais, mon but dans la vie, c'est de faire du kayak la nuit sur le fleuve"
- des sourcils de Zapatero
"Ca c'est le feeling de l'élève de Scie Anse Pot (j'en ai marre des requêtes Google "j'ai du mal à m'intégrer à S... P..." ou "blog étudiant S... P..." ou "5 ans à S... P... ça fait peur") qui allume sa télé pendant 10 minutes pour se tenir compagnie dans la chambre d'hôtel et tombe sur le premier débat électoral télévisé en Espagne depuis 15 ans".
"Euh, Zapatero, il a désaccentcirconflexé ses sourcils sur les affiches ou il les a accentcirconflexées pour le débat?"
"Ouais les élections législatives en Espagne c'est le 9 mars, c'était dans mon programme d'Institutions Politiques ce semestre. Bon pour les municipales en France, je sais pas."
- du retour à Paris
"Ah y'a des nuages maintenant, on doit survoler la France"
"J'avais oublié le sens du mot "nuage" tiens"
C'était bien.
16 février 2008
Devinette-Pourrie Music Awards
Parce que maintenant qu'une semaine de vacances est passée j'ai perdu toute notion du temps, je peux passer d'improductives heures à mettre en images une seule et même devinette.
Ceci sera une épreuve de vitesse, le premier arrivé sera le premier servi, c'est comme ça.
Zindice n°1 :
Isabelle Marianne de Truchis de Varennes change à Opéra.
Zindice n°2 :

Zindice n°3 :

Zindice n°4 :
(au cas où vous auriez le doute, c'est bel et bien exactement la même solution)
(et je suis bel et bien atomisée du bulbe)
15 février 2008
Nuit parisienne
C'est la nuit. L'atmosphère n'est cependant pas sombre, une multitude de petites lumières de différentes couleurs luisent. Et peut-être des projecteurs.
Je sais très bien où je suis, ce n'est pas parce que j'ai de l'eau jusqu'aux chevilles dans un espace sans horizon que je peux en douter : je suis candidate à la Star Academy, et je suis nominée. Alors je suis sous pression. Et le mec devant moi qui marche lui aussi dans l'eau sombre et peu profonde me jette un peu d'eau par inadvertance, je réagis mal. Et là, j'entends un murmure de désapprobation, le public sans doute, et je réalise que j'ai pas mal de chances d'être virée.
Il y a un miroir devant moi, je m'y regarde. Horreur, face cadavérique et cheveux ébouriffés, comment vous voulez que je chante au prime avec cette tronche? et là je réalise que c'est assez peu gênant en comparaison du fait que je ne sais absolument pas chanter.
Je passe la main dans mes cheveux, essaie de les arranger un peu.
Je finis par ressembler à un mélange foireux de Heidi et de la princesse Leia, mon petit sourire découragé en dit long.
Et là, l'épreuve finale.
Celle qui va décider de mon élimination ou non de la Star Ac (l'enjeu, quoi). A ce moment précis, je ne sais absolument pas ce que je fous là, mais je sais que j'ai bien envie d'y rester (non, pas de mourir, de rester à la Star Ac, voyons). Et pour me détendre, je me dis que je ne suis sûrement pas la plus détestée de tous les candidats ever : y'avait une fille un peu psychopathe au début, je me rappelle plus son nom... enfin que je sache, je ne suis pas trop psychopathe, alors on me déteste moins qu'elle.
L'épreuve finale est bien simple : c'est une course nocturne, il faut ramener son Vélib' en premier à la borne, naturellement. La course effrénée se fait à travers des rues sombres et se termine par un virage en pente descendante. Mes jambes me font mal, je pensais être bien placée, mais j'ai été devancée par la plupart des candidats. En fait de bornes Vélib', elles ressemblent à des bornes de vélo normales avec un petit adaptateur. J'arrive à toute vitesse et me jette sur l'une d'entre elles. Il y a déjà sur la borne un antivol rose. Je suis sur le point de reposer mon Vélib' quand je réalise qu'une autre fille est arrivée eu même moment que moi.
Dans un souci de justice ou d'absurdité onirique, nous préférons la diplomatie à la course de repositionnement de Vélib' et les laissons appuyés contre leurs bornes.
Nous sommes en face d'un petit bazar, étonnamment ouvert en plein milieu de cette nuit... parisienne, apparemment. La jeune femme semble le connaître, y entre et en revient avec quelque chose pour moi.
C'est une plaquette de pilules contraceptives entamée. Mais elle est présentée sous blister, comme les accessoires de flic ou de princesse bon marché qu'on gagne à la sueur de son juvénile front dans les fêtes foraines. Je tente de déchiffrer les explications écrites sur un fond atrocement coloré de rouge, jaune, bleu et noir. Je réalise alors que c'est une plaquette de pilules internationale, qui permet (et à cet instant, cela rappelle quelque chose à mon souvenir d'avatar subconscient) de tester les différentes pilules. Il y a une signalétique intéressante : le petit (1) en jaune sur rouge signifie qu'on prend les pilules avec 13h d'écart, le petit (2) avec 88h et ainsi de suite (logique, la suite, logique).
Je ne sais pas si elle m'offre autre chose, mais je sais qu'elle finit par me prendre sans ses bras. Je suis dans une position semi-allongée, ses bras forts, très forts et noirs m'entourent, et ça va plutôt bien. J'apprends au passage par une voix anonyme de celles qui crient "ooh les amoureux!" dans les cours de récré que la jeune femme en question est lesbienne.
Nous reprenons la diplomatie, mais par une mauvaise manipulation, je me retrouve à déposer mon Vélib' au mauvais moment, et je suis éliminée.
Moi et la jeune fille marchons le long de ... la Seine je suppose, et je réalise peu à peu que je viens d'être virée de la Starac, et ça ne me fait rien.
Quelques instants plus tard, je me retrouve à essayer fébrilement de passer une de mes photos d'identité sur une borne comme celles du métro (définitivement, mon subconscient est parisien). Chaque passage gratifie ma tentative d'un "biiiiiip" outrageusement accusateur. Finalement, je fuis, mes tentatives d'imposer ma photo à la machine se soldant par l'arrivée des gens de la sécurité.
Il est fort probable que je vienne d'écrire mon article le plus impudique. Mais ne m'y connaissant que très peu en Freud, je n'en ai pas la moindre idée.
Et bientôt, les plus mauvais Devinette-Pourrie Awards du siècle (han le teasing).
09 février 2008
L'épars ciel
Je me demande à quoi ça peut bien servir un blog si c'est pas pour raconter sa vie, franchement.
Donc.
Mes partiels sont passés.
Partiels.
Mes, partiels.
(je savoure les mots et les mets nouveaux)
(je savoure, parce que si je compte bien, en enlevant l'année de césure et sans compter les éventuels redoublements ou les très improbables deux ans supplémentaires à l'ENA, j'aurai à supporter "lépartiels" et leur lot de souffrance encore sept fois, et, jusqu'à nouvel ordre, ça ne sera plus mes premiers partiels, enfin dites-moi si je me trompe on sait jamais).
Mes partiels sont donc terminés, et ça, c'est bien, parce que texto ça veut dire "JESUISENVACANCESPOURTROISSEMAINESSANSDÉCONNER !!!"
Et des vacances sans travail, j'ai un peu du mal à concevoir mais ça ne peut être que bien.
Bon, moins rigolo maintenant : comment ça s'est passé.
Pour les langues, bien.
Pour les sciences politiques, bien.
Pour l'économie, bien (non, ce n'est pas une blague).
Pour les humanités scientifiques (non cette matière n'est pas une blague), bien.
Pour la politique comparée, bien.
(là aussi je savoure, comment elles sont trop classes nos matières)
Pour l'histoire, euh. De toute façon, l'histoire, ça pue.
Mais là, justement, je voudrais marquer une pause sur le chemin rocailleux et parcouru d'écureuils de ma vie (je vous ferai remarquer que je fais parcourir le chemin de ma vie par qui je veux) pour poser la salutaire balise rouge et jaune à petits pois marquant le résultat des efforts d'auto-amélioration de ma désolante personne.
Car, amis lecteurs, croyez-moi si vous le voulez mais ne me croyez pas si vous ne le voulez pas même si c'est dommage, j'ai un jour prononcé cette phrase :
"Non, mais de toute façon avec le contrôle continu il me suffit d'avoir 4/20".
Moi!
Rendez-vous compte!
Moi!
La fille qui au collège pleurait pour un 19, la fille qui il y a quatre mois sombrait pour un 11.
Moi.
Mais quel chemin parcouru vers l'acceptation sereine de ma médiocrité.
C'est beau.
Et sinon, ma bourse m'a été refusée.
Ma mère et ma soeur ont déménagé à 600 bornes.
Et je pars quelques jours en Espagne dans deux semaines.
Et j'ai pour vous des Devinette-Pourrie Awards de derrière les fayots (et trouver une devinette derrière des zaricots, c'est signifiant) (si).
Qu'est-ce que la poitrine des gens qui ont une ceinture?
(des fois je me demande de quelle maladie mentale rare et aiguë je peux bien être affectée pour que des trucs aussi cons me passent par la tête)
(c'est aussi ce qu'a dû se demander mon examinatrice d'histoire, tiens)
EDIT : des zindices !
- la poitrine c'est aussi le ...
- des gens qui ont une ceinture, ils sont ...
--> les deux mots sont homophones
Et le tout est une partie d'un certain temple...