La fin des zaricots

C'est le début de la fin (des zaricots, donc)

27 mars 2008

Il était gai, Pierre

L'enfance de Pierre fut si simple et heureuse qu'elle en est proprement inintéressante.

Pierre aurait été dénué de toute originalité et aurait continué à soulever l'indifférence des foules jusqu'à son morne dernier jour si deux événements fortuits n'étaient venus bouleverser sa vie et le faire passer à la postérité.

Le premier fut d'une telle banalité apparente qu'il est généralement occulté par ses biographes et ses adorateurs. Banal certes, ce jour où, à l'âge de 16 ans, Pierre joua aux dés pour la 1ère fois, banal mais crucial, car il entraîna le reste.
Il entraîna d'abord le vice qui, reconnaissons-le, accomplit le miracle de rendre n'importe qui digne d'intérêt. Car Pierre fut pris de la passion du jeu. Bien heureusement, Pierre, bien que joueur invétéré, était un joueur inventif. Il ne se contentait en effet pas d'abandonner au hasard son maigre salaire de pêcheur : il parvint à se construire une solide réputation de jeux divers et variés, qui attira à lui des foules de curieux venus de tout le pays. Le sommet de la gloire de Pierre fut atteint lorsqu'il inventa ce que nous appelons le chifoumi mais qu'il nomma modestement "Pierre-feuille-ciseaux".

Le second événement, s'il fut important, est de façon assez injuste davantage connu. Il consiste en la rencontre, à la suite d'une partie de pêche pour le moins fructueuse, d'un homme fort avenant répondant au doux nom de Jésus qui, comme tant d'autres, était venu de loin pour le rencontrer. Dès ce jour, leur amitié fut sans faille et leur complicité parfaite, car, et c'est aussi injustement passé sous silence, ce Jésus était aussi un terrible joueur. Combien de fois ne les vit-on pas parier sur le nombre de pains que Jésus parviendrait à multiplier, ou le nombre de kilomètres qu'il pourrait parcourir à cloche pied sur le premier lac venu?
Mais hélas, il s'en fallut de quelques quiproquos et Jésus perdit sa place dans le coeur de Pierre, qui finalement dut faire une croix sur leur amitié.

Posté par Katja à 20:26 - Portnawak - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 mars 2008

Instantanés, premiers du nom

Aujourd'hui vers 8h15, conférence de lecture/écriture (un des bonheurs de la vie à SP.) :

Je suis en train de lire ma prose tout haut. C'est pas mal, pour un truc torché en 15 minutes dans le métro. Je viens de bâtir une vie alternative à un apôtre de Jésus et j'en suis plutôt fière. C'est un peu ironique, assez inventif. La semaine dernière, ce n'est pas à moi qu'il a conseillé d'écrire, alors j'ai l'ego un peu écorché et la voix tremblante.
Je relève lentement la tête après le point final, le décor défile, de ma table à son visage, qui s'avère barré d'un large sourire.

"C'est génial", qu'il me dit.

Mon ego est pommadé, pansé, rétabli.

J'ai un petit sourire au coin des lèvres, il veut dire "ah, bah enfin quand même". Pas de triomphe, pas d'exclamation. La normale.

A cet instant précis, je réalise qu'il y a bien un domaine dans lequel je suis devenue immodeste.
C'est un peu à cause de vous, amis lecteurs.
Et putain c'est bon.

Aujourd'hui, 12h40, quai du métro :

La voix de Lou Reed m'enveloppe, me réchauffe, m'enserre, je flotte légèrement au-dessus du sol. L'atmosphère est d'un noir et blanc crasseux, les corps se meuvent lentement, une petite fille est en train de jouer avec un grand parapluie bariolé qui lui arrive aux épaules.
L'instant est fugitif.
Je suis le mouvement du parapluie, le parapluie suit le mouvement de la musique. Une, deux, trois notes de piano durant lesquelles le parapluie martèle le sol, la chorégraphie est parfaitement en cadence, je suis envoûtée.
Une, deux, trois notes, pas plus, le hasard n'est pas si généreux.
Oh, such a perfect day.



Posté par Katja à 13:54 - Instantanés - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2008

Ah, et aussi je porte toujours un appareil dentaire mais il est caché

Vinzzz, en me transmettant ce petit questionnaire me donne à la fois une raison de poster des conneries à moindre coût et une raison de faire une pause entre mon éreintant dossier d'économie et mon désespérant exposé d'Institutions politiques. Je l'en remercie donc (et du reste).

Voilà le principe du truc :

    1. Mettre le lien du blog qui nous a tagué
    2. Indiquer le réglement du jeu de tague
    3. Mentionner six choses sans importance sur soi-même
    4. Taguer six personnes à la fin du billet en mettant les liens vers leurs blogs respectifs
    5. Avertir sur leurs blogs les personnes taguées.

1/ Quand j'étais petite, j'adorais Oui-Oui. Mais ce n'est pas ça la chose sans importance (ça, c'est CRUCIAL). Le truc, c'est que dans le générique, on entend "Pour dix sous vous connaîtrez l'aventure avec lui".
Et que moi je croyais que c'était "Bourdissou! vous connaîtrez l'aventure avec lui" où "Bourdissou" est une exclamation bien connue signifiant quelque chose comme "youpi" ou "nom d'un petit bonhomme en bois" ou "ma parole". Ah, faire fausse route tant d'années durant. Un drame.

2/ J'ai un odorat particulièrement développé. En quelques années, je me suis constitué une véritable odorathèque liée à un tas de souvenirs enfouis. Récemment, un capuccino à l'eau croupie m'a rappelé l'odeur d'une BD que je lisais quand j'étais petite.

3/ Je déteste les points d'exclamation à la fin des phrases. Si c'est drôle, c'est drôle en soi, pas besoin d'en rajouter. Non mais.

4/ En ce moment, j'ai un rhume : et mon nez ne coule que d'une narine.

5/ Je fais de l'acné depuis 7 ans. Et comme vous pouvez le constater, je suis d'une classe à toute épreuve (c'est la narine droite).

6/ Je n'aime ni le vin rouge ni le champagne mais je crois fermement qu'à force d'en boire je finirai par avoir une révélation ("Ooooh oui mes frères, oui mes soeurs, Dieu existe! Dieu existe et Dieu nous a donné le Pauillac, glorifions Dieu par qui le Pauillac nous est venu").

Je passe donc le flambeau à qui veut. Et parmi qui veut il y a des "qui" qui ont encore un blog comme Lili et Tim, alors qu'ils postent (si ils veulent, hein). Mais les autres comme Maho ou LN peuvent pourrir les commentaires.
Et ceux que je n'ai pas mentionnés, soyez pas susceptibles et faites comme si.

Posté par Katja à 15:57 - Portnawak - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mars 2008

Genèse

Chers gens,

il se trouve que je n'ai plus franchement le temps ni l'énergie de vous gratifier à intervalles réguliers des articles-fleuve émaillés de références hautement divertissantes qui ont fait mon succès.
Mais que je ne souhaite absolument pas arrêter ce blog pour autant.
Ayant donc un sens inné du compromis et des conciliations diplomatiques constructives, j'ai décidé que les prochains articles de ce blog seraient honteusement courts mais magnifiquement plus réguliers.
J'inaugure ainsi une rubrique intitulée "Instantanés" (parce que j'ai une imagination débordante), et qui durera jusqu'à ce que nouvel ordre s'ensuive.
Et je vis que c'était beau.

Posté par Katja à 16:51 - Instantanés - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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