29 mai 2007
Instant tanné.
Je renonce pour l'instant, faute de temps et à cause d'une honte cuisante, à vous raconter de quelle manière hautement dénuée de toute intelligence j'ai failli éliminer toutes mes chances 1/ d'avoir mon bac 2/ d'entrer en école de commerce. C'est aussi pas mal pour me faire prier j'avoue.
Donc, je vous livre tel quel et dénué de tout artifice verbal ce haut moment de solitude qui m'est arrivé il y a 5 minutes (ce qui vous donne l'impression ô combien grisante de suivre ma vie en direct live, je sais, je sais).
J'appelle une dame qui s'occupe d'une prépa d'été à Sciences Po (vous savez ces instituts formidables qui non contents de vous ruiner vous empêchent d'avoir des grandes vacances) (oui je sais je l'ai voulu, j'assume):
(bon je vous passe l'introduction parce qu'on s'en fout)
La dame : Et comment vous avez connu l'institut?
Moi : c'était l'année l'année dernière sur un salon de l'Etudiant, et...
La dame : ... COCHON D'INDE!
Moi: euh pardon?
La dame : c'est un cochon d'inde!
Moi (qui réalise que ça fait 5 minutes que ma cochonne couine comme un goret qu'on égorge) : ah euh bah euh oui.
La dame : c'est mignon un cochon d'inde
Moi : ah euh oui c'est très mignon.
La dame : oui hein.
Moi : euh oui et sinon vous remboursez en cas d'annulation?
(rrrhhm j'ai pas super trop beaucoup l'impression que c'est drôle en fait)
C'est grave palpitant.
ps: je suis admissible à l'école de commerce, je passe les oraux jeudi, youpi.
pps: vos commentaires, j'y réponds pas mais je les lis hein (grave merci d'ailleurs)
ppps: nan rien en fait.
13 mai 2007
Un sot me nie (l'enfoiré)
Allez hop! ce soir c'est insomnie.
Passke j'suis trop une ouf.
Et accessoirement parce que j'arrive pas à dormir (ce qui en effet est la définition de l'insomnie, quelle cohérence).
Parce que je stresse sa race et aussi un peu parce que je dors n'importe comment durant la semaine (remarquez, si je dors n'importe comment, c'est parce que je stresse sa race). Et cette absence totale de sommeil est hautement dommageable vu que demain je ne pourrai pas me réveiller grâce à ma sublime station portable pour iPod (qui fait radio, réveil, prend la température et cuit les crêpes à la perfection) et au sublime iPod qui va avec que m'a offerts mon N'amoureux pour mon fameux anniversaire à venir super important qui n'arrive qu'une fois dans une vie (remarquez l'anniversaire des 3 ans n'arrive qu'une fois aussi et on en fait pas tout un foin) (probablement parce qu'avoir 3 ans n'offre pas la perspective du vote et de la conduite, mhhh).
Des considérations hautement positives et d'une utilité indéniable m'envahissent sans cesse, accompagnées d'un sentiment de culpabilité qui, comme aujourd'hui, me font me réveiller en pleine nuit pour travailler parce que je n'ai rien fait de la journée. Ajoutez-y une alimentation désordonnée et un mode de vie quasi-sédentaire, mélangez bien et vous obtenez Moi, à ne surtout pas consommer, avec ou sans modération.
Tout cela sans la moindre perspective de vacances. Ca serait trop simple, attends, genre tu veux prendre des vacances, comme ça? Pourquoi pas sur un yacht hors de prix, pendant qu'on y est? (toute ressemblance avec des faits réels etc.) Nan, tout est bouclé jusqu'en septembre, ça va être la joie je te dis pas. Tiens, pendant que j'y suis (et ce "pendant" risque de durer un moment si on en croit ma vivacité alors qu'il est 3h30) , si je faisais un petit récapitulatif approximatif, palliatif, laxatif, Salakis au bon lait de brebis? (quoique en définitive les effets de l'heure tardive sur mon cerveau ne sont pas tellement super inexistants en fait) :
- mercredi 16 mai (genre dans 3 jours là, merde) : bac de sport + oral de latin
- fin mai : oraux école de commerce (ouais enfin si je suis prise aux écrits, mais quelle conne d'avoir postulé que pour une école) (oui vous avez bien lu, école de commerce)
- 5 juin : oraux d'italien
- semaine du 11 juin : bac (j'ai Space Mountain dans le ventre rien que d'y penser)
- aux alentours du 20 juin : écrits pour rentrer dans une prépa d'été à Sciences Po (c'est plus Space Mountain, c'est le décollage du concorde)
- 3 juillet : résultats du bac (et accessoirement espoir mention TB)
- aussitôt après : dépôt dossiers Sciences Po si mention (sans déc, je suis en train de stresser toute seule, c'est pitoyable)
- mi-juillet : résultat oraux école de commerce + résultats asmission à Sciences Po sur dossier + début prépa d'été le cas non échéant (je crois qu'à 4 heures moins le quart on peut se permettre de prendre des libertés avec la grammaire)
- fin août : écrits de Sciences Po Paris le cas toujours non échéant (association d'idées : noeud coulant)
- début septembre : début des cours en prépa littéraire si pas acceptée en école de commerce (c'est pas croyable comme y'a aucun rapport)
- mi-septembre : résultats Sc Po Paris (j'ai un combat de catch dans l'estomac)
- deuxième moitié de septembre : vacances si reçue Sc Po/école de commerce
- début octobre : rentrée école de commerce/ Sciences Po
Je crois que ça vaut le coup de ne pas mettre fin à mes jours juste histoire de voir jusqu'où j'arrive sans dépression nerveuse. Ah bah foiré, j'arrive jusqu'à la semaine dernière.
L'effet positif (oui, je suis sur le point de positiver, 'ttention moment historique s'il en est) c'est qu'à la lecture de tout ça, je conclus qu'effectivement si je veux y arriver (et on notera le "si" qui bien qu'hypothétique est accompagné du présent et non du conditionnel, marque d'un espoir infime mais existant) il va me falloir entre autres des médicaments (avis aux stressés incoditionnels de l'armoire à pharmacie : help) et des lecteurs formidables (ce que j'ai, à n'en pas douter, même si on les compte sur les doigts d'une main).
Et puis maintenant j'ai un iPod (qui, je le sens, sera pour beaucoup dans mon éclatante réussite).
Et une certaine fatigue qui pointe, mais faut que je fais gaffe, parce que si je suis trop contente d'être fatiguée, ça va me réveiller (wéééé je viens de bailler).
Ah en fait, car je sais que vous languissez d'avoir de ses nouvelles, ma grosse cochonne va bien (je vais avoir de ces requêtes encore), elle adore crier et faire des galipettes (t'façon j'suis plus à ça près, là).
Je vais donc doucement rejoindre (baillement victorieux) mon iPod à qui je cherche désespérément un nom ("t'as pas d'autre idée à la con, encore?" dixit le N'amoureux) (je viens d'avoir la frousse de ma vie, j'ai fait une fausse manip qui a rétréci la fenêtre, j'ai bien cru avoir perdu tout l'article) (et une heure de ma nuit que j'aurais pu utiliser comme les deux précédentes à faire du latin) (vous me direz, ptêt qu'après lecture vous auriez bien aimé que je perde l'article) (mais quel suspense sur ce blog).
Ah mais oui je sais, j'vais faire mon DM d'Anglais déjà en retard de 3 jours, ça va bien m'achever.
Et puisqu'il est important de finir sur une note positive malgré ces sombres temps, hier j'ai réussi la première pâte à crêpes de ma vie.
03 mai 2007
J'abandonne
Laide.
Entourée de graisse, ce poids honteux et sale qui montre aux yeux de tous que je n'ai aucun contrôle.
Aucun respect, aucune estime, je me gave et je me hais.
Et pour la première fois depuis longtemps, je me revois à travers le regard des autres, et je les imagine me mépriser. Comment ne pas mépriser ça? Je ne suis pas elles, je ne suis définitivement pas belle. Plus belle, je crois. Je me suis fanée dans toute cette nourriture que j'ingurgite à vouloir vomir, je me suis fanée à force de me voir enfler à nouveau, déborder et perdre toute dignité. Je suis laide comme on peut l'être, à la fois repoussante et transparente, je n'existe plus qu'en tant que masse. Toute fierté, tout espoir ont disparu, je ne suis plus que cette grosse fille qui se laisse aller dans sa vie comme dans sa façon de manger. Je mange mal, je mange à outrance et rien ne m'empêchera d'enfler à mesure de mon mal-être. Je me hais, je me dégoûte, je ne sais plus où me mettre pour qu'on m'oublie. Les regards me font mal, le miroir m'insulte, j'ai honte et je veux me couvrir, me cacher, m'excuser d'exposer tant de laideur au regard des autres. Je ne mérite rien et je crois, je sais que je n'aurai rien. Plus aucune réussite n'est à ma portée, après tout, pourquoi me battre? Pourquoi imposer aux autres l'être terne et lourd que je crée à chaque bouchée fébrile, maladive, à chaque résolution oubliée? Je ne mérite rien. Même, je me dois de laisser à d'autres une place que je ne ferais qu'usurper. Mes mots sont vides, le meilleur de moi-même n'est qu'un amas d'idées creuses et de réussites relatives. Je suis incapable de convaincre, de réussir, de plaire. Je me contente de céder, de parvenir presque, de repousser. Alors pourquoi? Pourquoi m'évertuer si je ne peux faire sortir de moi qu'une médiocrité poussiéreuse? Je ne mérite rien.
J'abandonne.